Mes mots techniques #1
- Claire Tollu

- 19 mars 2019
- 2 min de lecture
L’hiver touche à sa fin. Remiremont, petite ville vosgienne dans laquelle j’ai passé de belles années, s’apprête à accueillir son célèbre Carnaval vénitien tandis que sa voisine, Gérardmer, prépare la 49e édition de la Fête des Jonquilles. Vous l’aurez remarqué : les couleurs sont de retour !

Pour fêter ça, nous allons nous arrêter sur le mot « couleur » cette semaine. En apparence, c’est un nom commun assez banal : il est féminin et prend la marque du pluriel dès qu’il est question de deux couleurs ou plus. Mais vous allez voir qu’en réalité, ce mot se permet quelques fantaisies…
Quand il est épithète (c’est-à-dire ajouté à côté d’un nom pour le qualifier), le mot couleur est invariable.
Prenons un exemple simple : Madame Dupond, illustratrice, porte des collants couleur chair.
Autre exemple, plus culturel… En 1967, la couleur faisait ses premiers pas à la télévision française. Encore fallait-il être équipé d’un téléviseur adapté ! Les Français ont attendu des années avant de remiser leurs téléviseurs noir et blanc au grenier et d’acquérir ces fameux téléviseurs couleur qu’on leur vantait.
Dans la locution « de couleur », le mot couleur est toujours au singulier.
Notre illustratrice de tout à l’heure a troqué ses collants couleur chair contre des vêtements de couleur. Elle se sent plus à l’aise pour travailler. Mais elle a beau chercher, elle n’arrive pas à mettre la main sur ses crayons de couleur.
Exemple musical maintenant : Michael Jackson était un homme de couleur qui a tout fait pour changer de couleur. Il n’avait pas dû entendre Nino Ferrer chanter à tue-tête en 1966 « Je voudrais être noir » !
Enfin, dans la locution « en couleurs », le mot couleurs est toujours au pluriel.
Notre illustratrice, qui n’a toujours pas retrouvé ses crayons de couleur, profite du temps qu’elle a devant elle pour faire du tri dans ses photographies. Et elle se dit que c’est un comble pour une illustratrice comme elle de préférer les photos sépia aux photos en couleurs.
Pour clore ce billet, je vous livre ce que vous attendiez avec impatience : l’exception !
La locution « en couleurs » s’écrit toujours au pluriel, SAUF dans « haut en couleur » : haut s’accorde tout à fait normalement avec le nom auquel il se rapporte, mais en couleur reste invariable. La Fête des Jonquilles et le Carnaval vénitien seront donc des événements hauts en couleur !



de gustibus et coloribus non disputandum