top of page
Rechercher

Le coin des experts #4

  • Photo du rédacteur: Claire Tollu
    Claire Tollu
  • 16 avr. 2019
  • 3 min de lecture

Chers lecteurs,


J’espère que le trou orthographique de la semaine dernière vous a fait du bien car aujourd’hui, ça va être assez copieux. Au menu : l’accord du participe passé des verbes pronominaux.



Pour vous mettre en appétit, je vous propose un jeu d’identification qui peut vous être utile pour la suite.


Dans la famille « Verbes pronominaux », je demande :


1. le verbe pronominal réfléchi → le sujet fait l'action sur lui-même.

Exemple : Ce matin, les chocolatiers se lèvent de bonne heure : ils ont rendez-vous au Salon du chocolat.


2. le verbe pronominal réciproque → les sujets (toujours au pluriel) font l’action les uns sur les autres.

Exemple : À leur arrivée, ils se saluent rapidement et rejoignent le stand qui leur est attribué pour tout installer avant l’arrivée des visiteurs.


3. le verbe pronominal de sens passif → le sujet subit l’action.

Exemple : Sous les yeux ébahis des enfants, les fèves de cacao se transforment en lapins de Pâques.


4. le verbe essentiellement pronominal → le pronom se n’a pas de fonction dans la phrase ; il fait partie du verbe, qui n’existe qu’à la forme pronominale.

Exemple : Les enfants se souviendront longtemps des ateliers auxquels ils ont participé ce jour-là.



Maintenant que je vous ai mis l’eau à la bouche, venons-en à notre participe passé des verbes pronominaux.


  • Bien qu’il soit toujours employé avec l’auxiliaire être, le participe passé d’un verbe pronominal réfléchi (notre n° 1) ou d’un verbe pronominal réciproque (notre n° 2) suit la règle d’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir : il s’accorde avec le COD si ce dernier est placé avant lui dans la phrase.

Exemples : Cette année, mes cousines se sont offert des chocolats d’un maître chocolatier japonais de renom.

Les chocolats qu’elles se sont offerts sont très colorés.


Agrémentons cette règle de quelques cas particuliers que nous avons déjà rencontrés dans mes deux derniers billets.


- Si le COD est le pronom en, le participe passé est invariable.

Exemple : Des chocolats de ce maître de renom, elles s’en sont offert cette année.


- Si le participe passé est suivi d’un infinitif, il s’accorde avec le COD si ce dernier le précède et fait l’action exprimée par l’infinitif.

Exemple : La jeune apprentie s’est sentie rougir quand le public l’a applaudie. [Le COD antéposé s’ fait l’action de rougir.]


- Les participes passés de se faire et de se laisser suivis d’un infinitif sont invariables.

Exemples : Mes cousines se sont fait livrer des chocolats aux parfums inédits.

Les gourmandes se sont laissé séduire par l’originalité de ces chocolats.


  • Le participe passé d’un verbe pronominal de sens passif (notre n° 3) s’accorde, lui, avec le sujet. En voilà un qui ne fait pas de chichis !

Exemple : Les fèves de cacao se sont bien vendues cette année.

  • J’ai gardé le meilleur pour la fin : le participe passé d’un verbe essentiellement pronominal (notre n° 4) qui n’a pas de COD s’accorde avec le sujet.

Exemple : Les exposants ne se sont pas souciés du nombre de visiteurs.


Mais si un verbe essentiellement pronominal a un COD (je vous mets au défi de trouver un autre exemple que s’arroger), son participe passé s’accorde avec le COD si ce dernier est placé avant lui dans la phrase.

Exemples : Une bande de filles s’est arrogé des droits qui ont scandalisé les visiteurs du Salon. [Il n’y a pas d’accord avec le sujet puisqu’il y a un COD, mais il n’y a pas d’accord avec le COD non plus puisque ce dernier est placé après le participe.]

Les droits qu’elles se sont arrogés ont scandalisé les visiteurs du Salon. [Il y a accord avec le COD puisque ce dernier est antéposé.]


Et pour couronner le tout, il y a quelques exceptions : certains verbes pronominaux comme se plaire, se complaire, se déplaire, se rire de, se jouer de, se rendre compte ont un participe passé invariable.

Exemple : Les visiteurs se sont rendu compte que chocolatier était un métier d’art.



Ouf ! c’est fini ! Félicitations à tous ceux qui sont arrivés au bout de cette trilogie sur l’accord du participe passé.


Maintenant que vous savez tout, voyons si vous trouverez la différence de sens entre ces deux phrases :

- La jeune apprentie s’est vu confier une recette ancestrale.

- La jeune apprentie s’est vue confier une recette ancestrale.

Vous avez une petite idée ? J’attends vos commentaires…


Pour l’heure, je crois qu’il serait sage de me faire oublier pendant quelque temps. Bonne fête de Pâques à tous !

 
 
 

4 commentaires


Claire Tollu
Claire Tollu
2 mai 2019

Merci denyschess pour ta participation !

Dans la première phrase, c'est quelqu'un qui confie la recette à la jeune apprentie.

Dans la seconde phrase, c'est la jeune apprentie qui confie la recette à quelqu'un.

Un tout petit "e" à la fin d'un participe passé change le sens de la phrase !

J'aime

Claire Tollu
Claire Tollu
2 mai 2019

Bravo Alexis ! C'est exactement ça.

J'aime

alexis_karageorgis
24 avr. 2019

Pas besoin de se faire oublier !

Pas facile cet exercice...

Je propose :

"(...) s'est vu confier (...)" = par quelqu'un d'autre

"(...) s'est vue confier (...)" = à quelqu'un d'autre

J'aime

denyschess
22 avr. 2019

Eh Bien ! Je me lance :

- La jeune apprentie s’est vu confier une recette ancestrale.

Nous avons un verbe pronominal réfléchi → le sujet fait l'action sur lui-même.

Donc on accorde avec le COD que s'il précède le verbe.

- La jeune apprentie s’est vue confier une recette ancestrale.

Nous avons un verbe pronominal de sens passif → le sujet subit l’action.

Donc on accorde avec le Sujet .


J'aime

©2019 by Claire Tollu - Correction
Proudly created with Wix.com

bottom of page