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Le coin des experts #3

  • Photo du rédacteur: Claire Tollu
    Claire Tollu
  • 9 avr. 2019
  • 2 min de lecture

Chers lecteurs,


Je me dois de commencer ce billet en prenant de vos nouvelles. Avez-vous digéré le billet de la semaine dernière ? J’ai eu toutes sortes de retours : de l’enthousiasme pour certains ; pour d’autres (la plupart, il faut le dire), un sentiment de désespoir face à la difficulté de la langue française… On m’a même soumis un cahier d’élève mal corrigé par la maîtresse !


Cette semaine, je vous propose quelque chose de plus léger, en guise de trou orthographique : une boule de participe passé arrosée d’un infinitif.



Quand il est employé avec l'auxiliaire être, le participe passé suivi d’un infinitif s’accorde en genre et en nombre avec le sujet. Ça vous rappelle quelque chose ? Normalement oui, puisque la présence de l’infinitif ne change rien à la règle que nous avons vue la semaine dernière.

Exemple : Blandine est allée chercher son violoncelle chez le luthier.


Quand il est employé avec l’auxiliaire avoir, le participe passé suivi d’un infinitif s’accorde en genre et en nombre avec le COD à deux conditions :

- Il faut que le COD soit placé avant lui dans la phrase ; jusque-là, tout va bien.

- Et il faut que le COD fasse l’action exprimée par l’infinitif ; c’est là que ça se complique un peu.

Exemples : Les élèves que nous avons entendus jouer lors de l’audition ont un excellent niveau.

Les morceaux que nous avons entendu jouer lors de l’audition requièrent un excellent niveau.


Bon, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ça me paraît presque trop léger. Ajoutons quelques cas particuliers !


Quand il est suivi d’un infinitif, le participe passé de faire est invariable.

Exemple : Blandine a retrouvé les partitions qu’elle avait fait tomber après la répétition générale.

Si on y regarde de plus près, c’est logique ! Blandine n’a pas fait les partitions, elle les a fait tomber… Le participe ne porte pas le sens à lui seul mais il fait corps avec l’infinitif. C’est ce qu’on appelle un verbe semi-auxiliaire. Bref, retenez simplement que fait + infinitif est invariable !


Les choses sont un peu moins claires avec le participe passé de laisser suivi d’un infinitif.

Exemple : Les élèves que le professeur a laissé jouer par cœur connaissaient parfaitement leurs morceaux.

Vous pourriez m’objecter que le professeur a laissé les élèves (COD) jouer par cœur et qu’il faut accorder laissé avec le COD antéposé qui fait l’action exprimée par l’infinitif. Et vous n’auriez pas tort ! Mais depuis les recommandations de 1990, ce verbe a droit à un traitement de faveur : laissé + infinitif est invariable, par analogie avec fait + infinitif.


Enfin, le participe passé d’un verbe de déclaration ou d’opinion (dire, penser, croire, etc.) suivi d’un infinitif est invariable.

Exemple : L’orchestre a interprété deux morceaux qu’on nous a dit être du fameux Alexandre Desplat.


Laissons maintenant ce trou orthographique faire son œuvre. J’espère vous retrouver en forme la semaine prochaine pour le dernier coin des experts consacré à l’accord du participe passé.

 
 
 

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