Le coin des experts #2
- Claire Tollu

- 2 avr. 2019
- 3 min de lecture
Cette semaine, je profite du départ de mon fils en voyage scolaire pour m’attaquer courageusement à la bête noire orthographique des Français : l’accord du participe passé. Ne fuyez pas ! Nous allons saucissonner tout ça pour éviter l’indigestion…

Les fondamentaux, tout le monde les a appris à l’école :
Quand il est employé seul, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte, comme un adjectif.
Exemple : Augustin voulait absolument participer à ce voyage : les activités prévues lui plaisaient beaucoup.
« SIMPLE »
Quand il est employé avec l'auxiliaire être, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.
Exemple : Augustin et ses camarades sont partis pour quatre jours de sport.
« BASIQUE »
Quand il est employé avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le COD si ce dernier est placé avant lui dans la phrase. S’il n’y a pas de COD ou si le COD est placé après lui, le participe passé ne s’accorde pas.
Exemples : Les enseignants ont donné des nouvelles aux parents dès le premier soir.
Les nouvelles qu’ils ont données étaient rassurantes.
« SIMPLE »
Ces règles de base, beaucoup de Français les connaissent ; mais elles ne sont pas suffisantes pour se targuer de maîtriser l’accord du participe passé. Ce serait trop simple !
Ce nouveau coin des experts vous emmène donc dans les subtilités de l’accord du participe passé quand il est employé avec l’auxiliaire avoir.
1er cas : si le COD antéposé est le pronom en, le participe passé est invariable car en est un pronom invariable à valeur neutre.
Exemple : Pendant l’activité spéléologie, les enfants ont pu observer des chauves-souris et le maître en a photographié.
Attention ! Ne foncez pas tête baissée sur un participe passé invariable dès que vous voyez en : cette règle n’est valable que si en est COD…
Exemple : Les photographies qu’il en a faites sont magnifiques.
2e cas : si le COD antéposé est le pronom le ou l’ mis pour une proposition, le participe passé ne s’accorde pas.
Exemple : En course d’orientation, les enfants ont fait preuve d’une motivation bien plus grande que les enseignants l’avaient espéré.
3e cas : le participe passé des verbes impersonnels ou employés impersonnellement est invariable.
Exemple : Quelques courageux ont profité de la chaleur qu’il a fait pour se baigner dans le lac. C’était vivifiant !
4e cas : le participe passé des verbes pouvoir, vouloir, devoir, croire, etc., est invariable quand un infinitif est sous-entendu.
Exemple : Les enfants n’ont pas pu faire toutes les activités qu’ils auraient dû [faire] parce qu’un moniteur était malade.
5e cas : certains verbes se construisent avec un COD quand ils sont employés au sens figuré, mais avec un complément circonstanciel (de valeur, de poids, de durée, etc.) quand ils sont employés au sens propre. Il faut veiller à ne faire l’accord que lorsque ces verbes sont employés au sens figuré.
Exemples : Les parents ont pu échelonner le paiement des 200 € que ce voyage a coûté. [Ce voyage a coûté combien ? → complément circonstanciel = pas d’accord]
Pour pouvoir participer à l’activité kayak, Augustin a dû passer un test de natation. Il se souviendra longtemps des efforts que cette attestation lui a coûtés. [Cette attestation de natation lui a coûté quoi ? → COD = accord]
Je vous entends demander grâce. Nous nous arrêtons donc là pour cette semaine. Je vous laisse digérer tout ça et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de ce coin des experts…



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